Dark Mode Light Mode

Loi de finances 2026 : Importation des voitures de moins de 5 ans

Loi de finances 2026 : Importation des voitures de moins de 5 ansl’importation des voitures de moins de 5 ans Loi de finances 2026 : Importation des voitures de moins de 5 ansl’importation des voitures de moins de 5 ans

Alger – La révélation du contenu de l’article 129 du projet de loi de finances 2026 a dissipé bien des illusions. Contrairement à ce que certains espéraient, l’autorisation d’importer des voitures de moins de cinq ans ne concernera pas l’ensemble des citoyens, mais uniquement les agents diplomatiques et les résidents algériens à l’étranger.

Une précision juridique qui change tout, introduite à travers une modification de l’article 110 de la loi de finances de 1990, permettant à ces catégories d’importer un véhicule neuf ou d’occasion (moins de cinq ans) à leur retour au pays, avec exonération des contrôles du commerce extérieur et des changes.

Ce détail, en apparence technique, a suffi à rallumer le débat public : l’État a-t-il choisi la prudence pour protéger le marché et garantir la qualité ? Ou bien s’agit-il d’une occasion économique manquée, privant les citoyens d’un accès élargi à des véhicules récents à prix raisonnables ?

Des arguments économiques pour un marché plus équilibré

Pour Hamza Djraïmi, expert économique, la levée des restrictions sur les véhicules de moins de cinq ans pour tous les citoyens représenterait « une avancée majeure pour la qualité de vie en Algérie », tant les bénéfices économiques, sociaux et financiers seraient considérables.

Selon lui, l’ouverture du marché permettrait de rompre avec la spéculation et de créer une véritable concurrence entre les prix, mettant fin à l’inflation démesurée qui frappe le secteur automobile.

« Le citoyen pourrait enfin acquérir une voiture adaptée à ses moyens, sans être contraint de payer des sommes irréalistes pour des modèles usés », souligne-t-il.

L’économiste insiste également sur l’aspect pratique : dans un pays où la mobilité est devenue une nécessité et où les transports publics restent inégaux, l’automobile n’est plus un luxe mais un outil de vie quotidienne.

En ouvrant l’importation, l’État injecterait une nouvelle dynamique économique, dynamisant les marchés de l’occasion, créant de l’emploi dans la mécanique, la logistique et le transport, tout en renforçant la fiscalité grâce à la diversification des recettes et l’intégration de fonds issus du secteur informel.

« Ce type de mesure encouragerait aussi la bancarisation de l’économie », ajoute Djraïmi, estimant que les transactions liées à l’importation légale pousseraient de nombreux acteurs à passer par les circuits officiels.

Au-delà des considérations économiques, l’expert y voit un enjeu d’image : régénérer un parc automobile vieillissant et souvent en mauvais état. Les véhicules récents, mieux équipés et conformes aux normes de sécurité et d’émissions, contribueraient à réduire les accidents et à améliorer l’empreinte écologique du pays.

Des réserves sur la qualité et la régulation

Mais au Parlement, la lecture est plus nuancée. Pour Mohamed Mer, membre de la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale, la mesure actuelle ne relève pas d’un favoritisme, mais d’un ajustement technique visant à régulariser des situations particulières.

« Le texte ne vise pas à ouvrir un nouveau créneau commercial, mais à permettre aux diplomates et aux résidents à l’étranger de rapatrier leurs véhicules de manière encadrée », précise-t-il.

Selon lui, la décision de maintenir la limite à trois ans pour le grand public n’a rien d’exclusif : elle s’inscrit dans une logique de contrôle de la qualité et de prévention des dérives du marché parallèle.

Le député rappelle que les voitures plus anciennes présentent souvent des risques accrus de sécurité et d’émissions polluantes, et que le gouvernement cherche à garantir un équilibre entre accessibilité et fiabilité.

« La priorité est de protéger le consommateur et le marché national », insiste Mer, tout en affirmant que les citoyens disposent déjà de toutes les voies légales pour importer des véhicules de moins de trois ans, bénéficiant ainsi d’un meilleur suivi technique et de garanties supérieures.

Un débat toujours ouvert

Entre impératif de qualité et volonté de libéraliser le marché, la question des voitures de moins de cinq ans reste un sujet brûlant. Pour certains, l’État joue la carte de la prudence dans un secteur historiquement miné par la fraude et la spéculation. Pour d’autres, cette prudence excessive freine la modernisation du parc automobile et empêche des milliers de familles d’accéder à une voiture décente.

Dans les deux cas, la polémique souligne une réalité : la voiture, en Algérie, n’est pas qu’un moyen de transport. C’est un symbole social, économique et politique – et chaque décision qui la concerne devient, inévitablement, un test pour la crédibilité des politiques publiques.

Add a comment Add a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Previous Post
GECF : Arkab appelle à un marché du gaz plus stable et à une transition énergétique équitable

GECF : Arkab appelle à un marché du gaz plus stable et à une transition énergétique équitable

Next Post
Porsche redéfinit la puissance avec son nouveau moteur W12 breveté

Porsche redéfinit la puissance avec son nouveau moteur W12 breveté